Orientation et insertion professionnelle : connaissance de soi et expérience au service d’un projet personnel

Publié le 10 février 2010 par Stéphane Thivin

Une bonne orientation scolaire et universitaire représente un passeport pour une intégration professionnelle réussie. Or, l’organisation actuelle des études au lycée et dans l’enseignement supérieur fait la part belle au couple diplôme – emploi. Les lycéens et étudiants, ainsi que leur famille, se posent la question de savoir quelle est la meilleure école ou le diplôme pour avoir un bon travail et si possible un bon salaire.

Cette erreur initiale de questionnement est porteuse de fortes désillusions à venir pour deux raisons essentielles :

- La première tient au fait que le diplôme ne garantit pas l’insertion professionnelle ; de plus en plus d’étudiants diplômés de licence et  master se trouvent en situation de déclassement sur le marché du travail ;

- la seconde correspond au fait que les lycéens et étudiants oublient de se poser les questions essentielles : qui suis-je ? Quelles sont mes aspirations, mes passions ou centres d’intérêt ? C’est ainsi qu’une  major de promotion de l’INSA s’est aperçue, après 5 ans d’études, qu’elle voulait être institutrice…

Suggérons quelques pistes pour éviter cet écueil de l’erreur d’orientation, synonyme d’échec universitaire dans le pire des cas ou d’échec de projet personnel et professionnel même en cas d’obtention du diplôme.

La première tient à la connaissance de son « profil » dans un sens psychologique et politique. « Un rapport difficile à l’autorité ou plus positivement l’indépendance », « le besoin de sécurité », « la difficulté à entrer dans une quête incessante de performance » représentent des attitudes difficilement compatibles avec les débouchés de certaines filières. Un travail sur le profil nécessite une forte implication personnelle du jeune dans la logique d’un projet personnel et professionnel. La « maturité » pour s’engager dans cette réflexion peut être présente dès l’âge de 16 ans ou n’intervenir qu’à 22 ans. Dans ce deuxième cas, il est fort possible que la réflexion débouche sur une réorientation.

La deuxième piste consiste à croiser les centres d’intérêt du jeune et les métiers et fonctions pouvant les rejoindre. Une gymnaste passionnée (exemple d’une étudiante de licence professionnelle en alternance) pourra faire valoir des prédispositions pour le métier de commerciale dans les produits et services à destination des clubs et collectivités locales qui développent la gymnastique. Rien ne remplace l’expérience pour évaluer la découverte des métiers et fonctions, du stage de troisième, en passant par les jobs d’été jusqu’à la pratique de l’alternance. En effet, la mise en situation du jeune accélère l’acquisition de compétences, la représentation des métiers et fonctions, la motivation et à terme réussite des études et insertion professionnelle.

Enfin, dernier élément pragmatique, une fois les deux précédents éprouvés, la mesure de la capacité à réussir dans une filière est indispensable, les métiers de médecins ou de magistrats, celui de commerçant impliquent un très fort niveau d’implication personnelle et une capacité de travail certaine. Sans réelle évaluation personnelle, les jeunes encourent le risque de futures désillusions.

Connaissance de soi, ouverture sur les métiers et fonctions, rencontres de professionnels, pratique dans le cadre de stages, jobs ou d’alternance, tout renvoie à la responsabilité du jeune, au respect de ce qu’il est et de ses centres d’intérêt.

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Commentaires

2 commentaires sur “Orientation et insertion professionnelle : connaissance de soi et expérience au service d’un projet personnel”

  1. Philippe QUÉRÉ on 17 juin 2010 16 h 19 min

    Bonjour,

    Très largement d’accord avec votre analyse, il me semble qu’elle peut être appuyée par quelques faits complémentaires.

    L’intégration en entreprise ou dans toute autre structure professionnelle, pose de plus en plus de questions relevant de l’articulation des cultures individuelles et de la culture collective de cette structure. Ceci fait qu’une certaine connaissance de soi est particulièrement utile pour gérer cette phase d’intégration.

    Cela d’autant plus que nombre de recruteurs, bien qu’ils restent très frileux à s’écarter d’une sélection par les diplômes, sont néanmoins de plus en plus sensibles à l’appréciation des personnalités, des caractères. Aussi, pour cela, mieux se connaître sur ce point ne peut qu’aider un jeune diplômé à se positionner.

    Par ailleurs, s’agissant de cette formation de soi, il me semble que certaines expériences de « vie étudiante », dans lesquelles les étudiants arrivent beaucoup mieux à mobiliser leurs ressources de caractères qu’à l’occasion de stages lors desquels la pression de la note, de l’évaluation, tend à inhiber une certaine capacité de prise de risque et de test, permettent aux étudiants de se tester, de découvrir leur manière de travailler en équipe, leur capacité à négocier plus ou moins leurs valeurs, etc.

    C’est pourquoi il me semble que cette dimension de la formation de soi est effectivement très importante, en complément de la formation académique et des diplômes.

  2. stephane.thivin@iut.univ-lyon1.fr on 22 septembre 2010 13 h 17 min

    merci de vos remarques,
    la situation d’acteur coopérant est très riche en apprentissages, beaucoup plus que celle d’étudiants reproduisant un exercice déja fait en cours.
    J’ajouterai que les futurs managers ayant évolué au sein de beraucoup d’expériences professionnelles (vie étudiante que vous évoquez) auront une propension à la dimension collective de l’action plutôt qu’au profil de décideur unique.

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